Invité d'honneur de la biennale 2016, zoran petrovic a proposé une exposition thématique aussi réjouissante qu'exigeante autour de la vigne et du vin. Peintures sur caisses de vin, caricatures pleines de malice, plus d'une vingtaine d'albums de dessins d'humour et impressionnante série de sculptures en bois taillées à la tronçonneuse : l'ensemble compose un voyage artistique généreux, accessible et profondément marquant pour les visiteurs.
Un invité d'honneur au parcours international
Né en 1956 en Serbie, Zoran Petrovic entre très tôt dans le monde professionnel de l'image. À seulement 18 ans, il travaille déjà comme caricaturiste, illustrateur et graphiste pour les principaux journaux et magazines satiriques de Belgrade. Cette immersion précoce dans la presse lui donne un sens affûté de l'observation, du rythme visuel et de la punchline graphique.
Sur la route de New York, une escale improvisée à Francfort change le cours de sa vie. L'artiste décide de rester en Allemagne… et cette décision se prolonge depuis plus de trente ans. Installé à Karlsruhe comme artiste indépendant, il y développe un travail riche qui embrasse la peinture, le dessin d'humour, le design graphique et la sculpture.
Petrovic travaille également dans un atelier à Baden-Baden, au cœur de la Forêt-Noire, où il réalise notamment ses grandes sculptures en bois. Ses œuvres sont exposées dans le monde entier, confirmant la portée internationale d'un langage artistique pourtant centré sur des personnages très proches de nous : les gens ordinaires.
De Belgrade à Karlsruhe : un regard aiguisé par la presse satirique
Les années passées dans les rédactions belgradoises marquent durablement son approche. Le dessin de presse apprend à aller à l'essentiel, à capter un caractère en quelques traits, à faire sourire tout en pointant des vérités parfois dérangeantes.
Ce savoir-faire se retrouve pleinement dans son travail présenté à la biennale 2016 : chaque personnage, chaque scène, qu'elle soit peinte, dessinée ou sculptée, semble saisi sur le vif, comme si le spectateur entrait dans une anecdote dont il devine immédiatement la chute.
Une escale devenue terre d'ancrage artistique
En choisissant de rester en Allemagne, Zoran Petrovic s'offre un terrain de jeu artistique fertile. Karlsruhe et la région de la Forêt-Noire lui offrent un environnement propice à la création : un ancrage européen, un paysage culturel dynamique et un lien direct avec le monde du vin, omniprésent dans la région.
Cet ancrage transparaît dans son exposition de la biennale 2016 : on y ressent à la fois l'énergie de l'Europe centrale, la tradition viticole rhénane et l'humour universel des dessins de presse.
Une biennale placée sous le signe de la vigne et du vin
Pour la biennale 2016, Zoran Petrovic conçoit une exposition thématique centrée sur la vigne et le vin. Loin d'une simple illustration décorative, il s'agit d'un véritable terrain de jeu narratif où l'artiste déploie tout son sens de la caricature, de la mise en scène et du décalage poétique.
La vigne devient prétexte à raconter des histoires humaines : vignerons attachés à leur terroir, dégustateurs concentrés, convives enjoués, bouteilles bavardes… L'ensemble fait résonner les multiples dimensions du vin : convivialité, tradition, excès parfois, mais aussi travail, patience et transmission.
Peintures pleines d'esprit sur caisses de vin
Parmi les pièces emblématiques de cette exposition, les peintures réalisées sur des caisses de vin occupent une place centrale. En utilisant ces supports issus du monde viticole, Zoran Petrovic crée une proximité immédiate entre l'œuvre et son sujet.
La caisse de vin, objet du quotidien vigneron, devient surface de jeu picturale. Les veines du bois, les inscriptions d'origine, les traces de transport se mêlent aux personnages esquissés avec malice. Ce détournement de matériau offre plusieurs bénéfices pour le visiteur :
- Il renforce le lien direct entre l'objet et le thème de l'exposition.
- Il donne à chaque œuvre un caractère unique et singulier.
- Il crée un dialogue vivant entre l'art, le terroir et la culture du vin.
Ces caisses peintes sont de véritables concentrés d'humour et d'observation. En quelques coups de pinceau, Petrovic parvient à résumer des scènes entières de dégustation, de vendanges ou de bistrot.
Caricatures et albums de dessins d'humour : l'art du trait qui fait mouche
L'exposition s'appuie également sur un vaste corpus de dessins : caricatures et dessins d'humour, dont plus d'une vingtaine d'albums publiés. Ce travail éditorial montre la constance et la générosité de l'artiste dans le domaine du cartoon.
Pour les visiteurs, ces albums et feuilles encadrées offrent :
- Une plongée dans l'univers du dessin de presse et de l'illustration satirique.
- Un regard espiègle sur le monde du vin et, plus largement, sur la vie quotidienne.
- Une expérience de lecture visuelle qui alterne éclats de rire, tendresse et réflexion.
La virtuosité de Zoran Petrovic tient dans sa capacité à créer, en un minimum de signes, des personnages immédiatement identifiables : un serveur débordé, un amateur de vin sûr de lui, un critique pointilleux, un vigneron philosophe… Tout un théâtre humain se déploie sur papier.
Sculptures en bois taillées à la tronçonneuse : du personnage au volume
La grande passion actuelle de Zoran Petrovic, et l'un des temps forts de la biennale 2016, réside dans ses sculptures en bois taillées à la tronçonneuse. Réalisées dans son atelier de Baden-Baden, au cœur de la Forêt-Noire, ces œuvres donnent une nouvelle dimension à son univers graphique.
Ces sculptures représentent son sujet de prédilection : les gens ordinaires que l'on peut rencontrer partout. On y retrouve la même acuité que dans ses dessins, mais transposée dans la masse du bois, avec des volumes généreux et une présence physique immédiate. Certaines statues sont en partie ou en grandeur nature, créant un face-à-face direct avec le visiteur.
Conçues pour être montrées en galerie comme en espace public, ces sculptures offrent plusieurs atouts majeurs :
- Elles prolongent l'humour du dessin dans l'espace, presque comme des caricatures en trois dimensions.
- Elles sont intuitivement accessibles : pas besoin de mode d'emploi pour entrer en relation avec ces personnages.
- Elles créent un fort impact visuel, capable de transformer un lieu public en véritable scène de théâtre silencieux.
Exposées dans le monde entier, ces sculptures confirment la capacité de Petrovic à faire dialoguer un matériau brut, le bois, avec des émotions universelles : empathie, amusement, reconnaissance de soi dans l'autre.
L'art de raconter les gens ordinaires
Que ce soit sur une caisse de vin, une feuille de papier ou un tronc de bois, Zoran Petrovic s'intéresse avant tout aux gens ordinaires. Ce choix esthétique et humain est au cœur de l'impact de son exposition pour la biennale 2016.
Loin des portraits officiels ou des grandes figures historiques, ce sont des anonymes qui peuplent son travail. Et c'est précisément cette banalité apparente qui fait la force de son art : le spectateur se reconnaît, reconnaît ses proches, ses voisins, ses collègues.
Quelques traits caractéristiques de cette approche :
- Empathie: même quand il caricature, Petrovic ne se moque jamais gratuitement. Il exagère, il sourit, mais il garde une tendresse profonde pour ses personnages.
- Universalité: qu'ils viennent de Serbie, d'Allemagne ou de n'importe où ailleurs, ses personnages parlent à un public international.
- Sens de la scène: chaque œuvre semble capturer un moment précis, comme une vignette de bande dessinée ou une scène de pièce de théâtre.
Dans le contexte d'une biennale consacrée à la vigne et au vin, cette attention au quotidien prend une saveur particulière. Le vin n'est plus seulement un produit ou un symbole de prestige : il redevient ce qu'il est fondamentalement, un lien social, un prétexte à se retrouver, à discuter, à rire.
Un artiste au cœur des festivals internationaux de dessin d'humour
Au-delà de cette exposition, la reconnaissance de Zoran Petrovic se mesure aussi à sa participation active à de nombreux festivals internationaux de dessin d'humour. Il y intervient tour à tour comme artiste exposant, invité d'honneur ou membre du jury.
Ce rôle dans les festivals présente plusieurs bénéfices pour l'écosystème du dessin d'humour :
- Il contribue à faire rayonner la discipline en dehors des pages de journaux, dans des lieux d'exposition dédiés.
- Il favorise les échanges entre artistes de différents pays et de différentes générations.
- Il offre au public un accès privilégié aux coulisses de la création, grâce aux rencontres, ateliers et discussions.
Co-fondateur et directeur artistique du Niels Bugge Cartoon Festival au Danemark, Zoran Petrovic joue un rôle structurant dans la mise en valeur du cartoon à l'échelle européenne. Cette expérience curatoriale irrigue également son propre travail : il sait comment construire un parcours d'exposition lisible, dynamique et accueillant pour tous les publics.
Pourquoi l'exposition de 2016 marque les esprits
L'exposition de Zoran Petrovic pour la biennale 2016 autour de la vigne et du vin se distingue par un ensemble de qualités qui en font une expérience particulièrement mémorable.
- Une approche pluridisciplinaire: peinture, dessin d'humour, caricature, sculpture. Le visiteur circule d'un médium à l'autre, ce qui maintient en permanence sa curiosité en éveil.
- Un thème fédérateur: la vigne et le vin, sujets à la fois culturels, sensoriels et symboliques, parlent à un large public, qu'il soit connaisseur ou simple amateur de belles images.
- Un ton à la fois drôle et humain: l'humour n'exclut pas la profondeur. Sous le sourire, on perçoit une vraie compréhension des relations humaines, du travail, du temps qui passe.
- Une scénographie vivante: les caisses de vin peintes, posées comme des objets familiers, répondent aux sculptures en bois, plus monumentales, créant un jeu d'échelles et de rythmes.
- Une accessibilité immédiate: même sans connaissances préalables en art contemporain, chacun peut entrer dans cet univers, rire, reconnaître des situations, s'émouvoir.
Pour les organisateurs comme pour le public, accueillir un invité d'honneur tel que Zoran Petrovic, capable de concilier exigence artistique et accessibilité, représente un véritable atout pour la biennale.
Un héritage inspirant pour les amateurs d'art, de vigne et de vin
Si la biennale 2016 appartient désormais à l'histoire, l'exposition de Zoran Petrovic laisse un héritage durable. Elle rappelle à quel point le dessin d'humour et la caricature peuvent dialoguer avec des thématiques ancrées dans le réel, comme la viticulture, sans perdre ni leur légèreté ni leur pouvoir de suggestion.
Pour les amateurs d'art, cette démarche montre que l'on peut aborder des sujets très concrets – le travail de la vigne, la convivialité du vin, les métiers qui l'entourent – par le prisme du rire et de la poésie visuelle, sans les réduire à de simples clichés.
Pour les acteurs du monde viticole, l'exposition offre un regard extérieur valorisant : voir son univers mis en scène par un artiste international, reconnu dans de nombreux festivals, donne une nouvelle résonance à ce patrimoine.
Ce que l'on retient de Zoran Petrovic à la biennale 2016
- Un artiste au parcours singulier, de la Serbie à l'Allemagne, qui reste profondément attaché aux gens ordinaires.
- Une exposition thématique riche autour de la vigne et du vin, mêlant humour, tendresse et sens de la scène.
- Une palette de médiums impressionnante : caisses de vin peintes, caricatures, albums de dessins, sculptures en bois à la tronçonneuse.
- Un regard qui sait faire rire tout en célébrant la dignité et la beauté du quotidien.
En définitive, le travail de Zoran Petrovic, tel qu'il s'est déployé à la biennale 2016, démontre avec éclat que l'humour est une formidable porte d'entrée vers l'art. Un trait de crayon, une caisse de vin peinte, une statue en bois grandeur nature : autant de façons d'ouvrir le dialogue, de créer du lien et de donner envie de revenir, encore et encore, à la rencontre de ces personnages qui nous ressemblent tant.